A l’extrême pointe de l’Angleterre

Les Français gagnent souvent Plymouth en ferry ; nous préférons le vol direct entre Paris et Exeter. Dans les airs , on lit  que , pour saper le moral de l’adversaire, Hitler décida d’attaquer  les fleurons du patrimoine anglais : les monuments auxquels le guide allemand Baedeker attribuait 3 étoiles. Exeter figurait parmi les cinq villes ciblées.

Elle fut bombardée en avril 1942, lors du premier raid. Par miracle, la cathédrale gothique ne perdit qu’une chapelle latérale. La capitale du Devon eut moins de chance puisque 16 hectares furent dévastés. D’où l’aspect « mité » du centre-ville et la juxtaposition des bâtiments à pans de bois avec de petits immeubles à l’austérité très années 1950 .

Au cœur de son enclos garni d’impeccables pelouses, la cathédrale Saint-Pierre marque par la triple rangée de statues plaquée sur la façade occidental. Plus que par la hauteur et la longue voûte nervurée, on est bluffé par l’abondance de petits personnages installés dans tous les coins : clés de voûtes, culs-de-lampe, jubé, miséricordes des stalles. L’homme végétal, le Green man,, dont les branches sortent de la bouche, est représenté à de multiples reprises Il marquerait la survivance des croyances celtes liées à la nature.

La Riviera, version british

Le Devon est habité depuis des lustres, plus de  40 000 ans d’après les fossiles humains trouvés dans Kents Cavern, à Torquay. La visite des grottes permet surtout d’évoluer parmi des concrétions bien éclairées. Le lieu inspira la romancière jeunesse Beatrix Potter comme refuge du hérisson dans Peter Rabbit.

Agatha Christie, figure emblématique de la région y plaça une scène de L’Homme au complet marron. Torquay se prête aussi à un passionnant parcours autour de celle qui vend encore cinq millions de livres par an. Agatha Miller est née sur les hauteurs de cette élégante station au cœur de la Riviera anglaise, tout aussi prisée en 1890 qu’en 2019. Il ne reste rien d’Ashfield, la villa familiale avalée par les promoteurs dans les années 1960.

Nous nous rabattons sur le front de mer, la jetée de bois – Princess pier -, où la jeune fille faisait du patin à roulettes, et les palaces tel The Grand Hotel où elle passa sa nuit de noces le 24 décembre 1914. ne cherchez pas à réserver sa chambre, les registres n’en ont pas gardé le numéro.

Non loin du buste de l’écrivaine se détache un pavillon Art nouveau. naguère salle de concert fréquentée par Agatha, il devint un temps une patinoire. Il est désormais au cœur d’un projet controversé pour servir de hall à un hôtel qui devrait border tout un côté du port de plaisance.

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