Cork & Kerry, en vert et pour tous

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Parfois, l’aventure est au coin de la rue. À Cork, elle commence sur l’avenue qui relie l’aéroport au cœur de la ville irlandaise. Volant à droite et conduite à gauche ; un rond-point à prendre dans le sens des aiguilles d’une montre…c’est la panique. Et puis doucement, la route s’apprivoise. Suffisamment pour relâcher un peu la concentration et observer le décor.

Pour l’heure, les faubourgs alignent les friches, souvenirs d’un passé industriel révolu. Mais Cork est une rebelle. Depuis qu’Apple en a fait sa tête de pont pour l’Europe, levant dans son sillage une armée de geeks, elle a repris goût à la vie. Immeubles de verre reflétant avec insolence des bâtiments désaffectés ; élégantes demeures géorgiennes toisant avec arrogance de vieux pubs à la peinture écaillée. Avec le boom technologique, le Saint Patrick’s Quay qui longe la rivière Lee est devenu un joyeux méli-mélo architectural, comme un pied de nez à Dublin, la rivale de toujours.

Cork, un sacré caractère

Comme chaque matin, l’English Market s’éveille. Il n’est pas qu’un marché couvert datant de 1780, comme il est écrit sur la façade, mais, reconstruit plusieurs fois après moult incendies, il est l’âme de Cork, souvenir du XVIIe siècle lorsque les commerçants prirent racine dans la ville située à dix kilomètres de la mer, pour profiter de l’afflux des migrants en partance pour le Nouveau Monde ; vestige de l’époque où les huguenots français s’installèrent dans les ruelles du French Quarter. Encore faut-il le dénicher, caché dans le coquet cœur de ville, aux demeures de grès rouge, où il fait bon flâner. Tout ce qui se mange en Irlande s’y retrouve : mouton, saumon fumé, boudin noir, huîtres… Même des fromages, comme le Cashel Blue qui se déguste avec des crackers : excellente mise en bouche avec le pub crawl (« la tournée des pubs » !)

C’est au contact de ses habitants, en partageant une bière, que transpire l’âme celtique de Cork. Ici, pas de discrimination à l’entrée en fonction du look, de l’âge. À Oliver Plunkett, des groupes de rock s’égosillent. Charlie’s Bar joue une partition plus traditionnelle. Dans sa minuscule salle, quelques musiciens chauffent l’ambiance lors d’une seisiùn, un concert informel. Au son des violons et des bodhràn (tambours su cadre), on se serre les coudes et on claque dans les mains jusqu’à plus soif.

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