Cork & Kerry, en vert et pour tous

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L’appel du large

Dopée par la douceur du Gulf Stream, la flore pousse anarchiquement sur ces terres d’abondance -rhododendrons et même palmiers-, à peine dérangée par quelques villages alanguis, une poignée de châteaux médiévaux et manoirs chics. Bantry House est une élégante demeure du XVIIIe siècle plantée à l’entrée de Sheep’s Head, encore plus délicieuse lorsque le propriétaire vous invite à partager thé et mignardises. De son voyage en Russie, son ancêtre rapporta meubles et tapisseries qui participent aux charmes du lieu. Son parc, qui épouse la colline en sept terrasses, dévoile une vue magistrale sur la baie de Bantry.

Dans ce bout d’Irlande où le gaélique partage les panneaux routiers avec l’anglais, l’appel du large est irrésistible. Il y a foule dans le petit port de Portmagee, à l’extrémité de la péninsule d’Ivergah, pour admirer le coucher du soleil qui embrase ses maisons de poupées, rose pétard ou bleu azur. D’ici, on peut rejoindre Skellig Michael, pyramide sauvage émergeant des flots à une douzaine de kilomètres des côtes. Frappée par les tempêtes, livrée à des nuées d’oiseaux marins, l’île classée par l’Unesco se mérite : jauge de voyageurs limitée, accostage interdit quand les flots s’agitent. Pourtant, l’es touristes s’y bousculent depuis qu’elle servit de décor à la saga Star Wars. Oubliant parfois qu’avant Luke Skywalker, dès le VIe siècle, des moines y édifièrent d’étranges huttes en pierres sèches, auxquelles on accède par 600 marches vertigineuses.

Sur la péninsule de Mizen Head, on célèbre un autre héros des temps modernes. Pour inventer la télégraphie sans fil, Guglielmo Marconi (prix Nobel en 1909) arpenta ses terres. Dans le sémaphore qui surplombe l’Atlantique, terminus voyage, une petite exposition lui rend hommage. On y accède par une passerelle qui enjambe un gouffre et offre un panorama vertigineux sur les falaises déchiquetées. On cherche des yeux le phare accroché sur un rocher, là-bas au large. On le surnomme « la larme de l’Irlande » car, pour de nombreux migrants en partance pour l’Amérique, il fut la dernière vision de leur terre natale…

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