Java, entre encens et soufre

Aux premiers rayons du soleil

Malgré une intense fréquentation dès le lever du jour, Borobudur apparaît comme un paradis en comparaison. Niché au milieu de la jungle, le grand temple bouddhique a pourtant été abandonné autour de l’an mil, deux cents après sa construction. La faute aux luttes avec les hindouistes, mais aussi aux éruptions volcaniques, notamment le fumant Merapi éclairé par les premiers rayons du soleil.

Pour saisir ce moment d’éternité et l’éveil des oiseaux, les voix se taisent…les appareils photo crépitent ! Alors que résonne l’appel des muezzins, chacun cherche le parfait alignement entre les bouddhas en méditations, les stupas et la lumière sur les sommets environnants.

Qui soupçonnerait que ce gigantesque mandala de pierre aux neuf terrasses superposées a été démonté en 1,6 million de blocs ? L’opération, entamée sous l’égide de l’Unesco en 1973, n’a abouti que dix ans plus tard. Borobudur s’affaissait sous le poids des siècles et de fondations minées par les infiltrations. Ici tout renvoie au cosmos et au 9, chiffre de l’accomplissement : les terrasses, les 72 stupas ajourés (7+2), les 432 niches pour les bouddhas (4+33+2). Plusieurs kilomètres de panneaux sculptés représentent histoire sainte et vie quotidienne, si proche des conditions actuelles.

Une visite dans un village initie aux richesses de cette terre volcanique. Tout pousse : vanille, poivre, manioc, oranges vertes, papayes…Vient ensuite l’heure du tressage à partir de tiges de pandanus. La journée se conclut autour d’un thé revigorant et des sonorités -plus ou moins harmonieuses- d’un gamelan, l’orchestre typique à base de métallophones (des xylophones à lames métalliques).

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