Java, entre encens et soufre

Ville artistique…et royale

C’est a Yogyakarta, capitale culturelle de Java, que les arts et l’artisanat trouvent leur pleine expression. Outre les chants et la danse, on y perpétue les marionnettes en cuir de buffle, peintes de couleurs vives et articulées. Des théâtres d’ombres -wayang- les mettent en scène dans de grandes épopées indiennes.

Au sortir d’un atelier, une civette palmiste en cage nous met mal à l’aise. Ce malheureux petit mammifère est nourri de graines de café qu’il ne digère pas. Il rejette donc les fèves dans ses elles. Au passage, elles acquièrent un arôme unique qui en fait le café le plus prisé et le plus cher au monde.

Mieux vaut s’intéresser au batik. Cette technique d’impression nécessite dix étapes avec des dessins à la main recouverts de cire d’abeille et des bains de teinture pour chaque couleur. Le prix est à la hauteur de la qualité et du brillant final. Gare aux rabatteurs, prompts à arnaquer les plus crédules avec des batiks réalisés au tampon ou simplement imprimés…

Fondée par la même dynastie que Borobudur puis abandonnée, la ville a été développée par des souverains musulmans au XVIe siècle. Leur palais, le Kraton, aimante les visiteurs. Plus fonctionnel que fastueux, il déploie au fil des cours pavillons, banyans et gardiens, le kriss à la ceinture.

Sur la photo de son couronnement, le sultan est doté d’oreilles en or, sans doute pour mieux entendre son peuple. En accord avec la République indonésienne, il gouverne la région et reste un recours moral en cas de crise nationale. Sans être belle Yogyakarta diffuse ce charme indélébile d’un gros bourg souriant aux échoppes à quatre sous, aux parfums du marché épicés, aux cyclo-pousse filant dans les ruelles animées.

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