Les couleurs du Maroc

De la ville impériale de Fès et sa médina ocre à la kasbah blanche de Tanger, en passant par la ville bleue de Chefchaouen, le nord du Maroc dévoile une palette authentique et tout en nuances.

À l’écart des circuits classiques, le nord du pays entre Fès et Tanger attire les voyageurs esthètes. On n’y vient pas pour bronzer ou faire la fête mais pour s’imprégner d’authenticité. Capharnaüm de sons et d’odeurs, Fès invite à remonter dans le temps. Capitale culturelle et spirituelle du Maroc, c’est la plus authentique des villes impériales.

L’âme de la cité se trouve dans sa médina, Fès-el-Bali. Ceint de 15 kilomètres de remparts, le lacis de ruelles n’a pas bougé depuis le XIIe siècle. Vues d’en haut, les maisons forment un labyrinthe inextricable où l’on aimerait sauter d’une terrasse à l’autre. Mis à part le chant du muezzin qui rebondit sur les minarets, la ville semble endormie. Mais, une fois franchie Bab Bou-Jeloud, la plus belle des quatorze portes que compte la médina, tout n’est que bruit, senteurs et profusion de couleurs. Happé par le flot des badauds, on s’égare facilement. Il ne faut pas hésiter à demander son chemin, les Fassis se font un plaisir d’accompagner à bon port, parfois contre un modeste bakchich.

Se fondre dans la Médina

La rue du Petit-Talaa, qui part de Bab Bou-Jeloud, est un bon fil d’Ariane : elle traverse toute la médina du nord au sud. sous la lumière ombragée des lattis de roseaux, on circule le long de venelles étroites et sinueuses dans des effluves d’agneau grillé, de menthe, de cumin…« Balak, Balak ! » : aux cris des muletiers, il faut se pousser prestement pour laisser passer les charrettes débordant de marchandises.

Ici, les mulets ont la priorité. Sauf dans la kasbah, le quartier saint, où des poutres en cèdre barrent la route pour empêcher l’accès aux animaux et obliger les hommes à se baisser. Voici le sanctuaire de la ville : la mosquée Al Quaraouiyine, un joyau de l’art islamique qui fût longtemps l’université phare du monde musulman. L’accès est interdit aux non-musulmans, mais à travers les quatorze immenses portes en cèdre grande ouvertes pour les fidèles, on aperçoit les fontaines en mosaïques et les colonnes sculptées.

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