Les couleurs du Maroc

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On pourra bientôt accéder à la bibliothèque de la mosquée récemment restaurée. Un travail d’orfèvre réalisé par les maalems, les maîtres artisans fassis, réputés dans tout le royaume depuis des siècles. Plus de 30 000 artisans travaillent au cœur de la médina. Les souks des teinturiers, des tanneurs, des ferblantiers, des forgerons, des menuisiers, des maroquiniers ou des bijoutiers forment un panel complet de l’artisanat marocain.

À proximité de la place Seffarine, un martèlement régulier signale le souk des dinandiers qui sculptent des plats en étain. Le plus impressionnant reste la Chouara, le souk des tanneurs. Le parfum sucré des fruits secs et poivré des épices vire la puanteur d’une vieille bergerie. Des feuilles de menthe permettent de lutter contre l’odeur nauséabonde, tandis qu’on nous invite à monter sur des terrasses panoramiques pour observer un spectacle saisissant.

Des tanneurs immergés à mi-cuisses dans des alvéoles en terre remplies d’eau et de pigments, rouges ou jaune safran, y plongent des peaux de bête pour les colorer. Depuis le Moyen Âge, ces hommes répètent inlassablement les mêmes gestes. On se croirait dans un tableau d’Eugène Delacroix.

Cinquante nuances de bleu

Les peintres orientalistes du XIXe siècle trouvaient aussi leur inspiration dans le village de Chefchaouen qu’on atteint en remontant vers le nord et Tanger. Accroché aux premiers contreforts du Rif, il est célèbre pour ses cinquante nuances de bleu. Les murs, les escaliers, les portes cloutées des maisons et parfois même le sol de la médina sont peints dans un camaïeu de tons bleutés. Seuls des tapis en laine de mouton tissés à la main, des montagnes d’épices multicolores et les silhouettes des habitants en djellabas tranchent sur la teinte bleue dominante.

En contrebas des ruelles pentues, la kasbah de Chefchaouen détonnerait presque avec sa couleur ocre. À la sortie du village, sur la route qui mène à Tanger, on traverse des plaines fertiles dominées par le vert vif des plants de cannabis qui y poussent légalement. Le Rif est la seule région du Maroc où cette culture est tolérée.

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