Zanzibar, au-delà du mythe

L’Éden, avec des épices

Attiré par la magie et le nom même de Zanzibar – « la côte des Noirs », en arabo-persan-, je ne m’attendais pas à un tel choc balnéaire, digne des Seychelles. Face au restaurant The Rock, je succombe, abreuvant les réseaux sociaux de photos idylliques, quitte à exaspérer mes contacts.

L’établissement, une grande cabane avec terrasses, est juché sur un rocher à quelques dizaines de mètres de la plage. Tout autour, la mer grignote le pied des falaises, se répandant en d’infinies nuances de bleu, virant à l’émeraude, à l’outremer, au cyan. Je resterais bien là , à siroter un cocktail, grignotant du carpaccio de kingfish (une sorte de maquereau) ou d’ananas. Mais la curiosité l’emporte…

La nature a été prodigue avec cette île que tout le monde appelle à tort Zanzibar alors qu’il s’agit d’Unguja. Zanzibar désigne l’ensemble de l’archipel, qui comprend aussi une grande île au nord, Pemba, tout aussi belle mais moins accessible, et une cinquantaine d’îles plus petites. Sous protectorat britannique jusqu’en 1963, l’archipel se lance dans une révolution d’inspiration socialiste l’année suivante : il s’unit au Tanganyka pour former la Tanzanie (d’où le « tan » et le « zan »), le sultan est chassé, les terres redistribuées. Chaque famille villageoise reçoit 3 hectares, de quoi être autosuffisant et pratiquer la polyculture.

Palmiers, manguiers, arbres à pain, baobabs, tecks et flamboyants font de l’intérieur un luxuriant jardin chaud et humide. Zanzibar s’est forgé la réputation « d’îles aux épices », à commencer par le clou de girofle. Il s’agit des boutons floraux du giroflier, mis à sécher une semaine au soleil. Je participe à une excursion dan une ferme aux épices. J’y vois les fameux bâtons formés à partir de l’écorce du cannelier, puis les longues feuilles de citronnelle. Gardez-vous de saisir  à pleins doigts le morceau de curcuma que l’on vous tendra…j’en ai gardé les traces jaunes plus de 24 heures.

Parmi les rares espèces demeurés sauvages, la forêt primaire de Jozani est devenu un parc national. J’avance avec précaution parmi les acajous et les eucalyptus à la recherche du colobe rouge. Ce petit singe endémique se repère facilement avec son ventre blanc, ses pattes noires, son dos roux et sa tête mal coiffée.

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