Zanzibar, au-delà du mythe

Rimbaud et Gainsbourg en rêvaient

À l’écart du tourisme de masse, Zanzibar garde son aura quasi mythique. Arthur Rimbaud en rêva maintes fois mais n’y vint jamais. L’académicien et aventurier Joseph Kessel, dans son roman Le Lion, exprime ses regrets : « Zanzibar….Je n’aurais plus jamais loisir de m’y rendre. Zanzibar, paradis dans l’océan Indien, embaumé de clous de girofle. »  Sans oublier, Serge Gainsbourg : « Y en a marre, j’me barre à Zanzibar », ou Jules Verne, qui en fit le départ de ses Cinq semaines en ballons.

Tout autant que par les beautés naturelles, ils étaient attirés par le brassage entre Inde, Arabie et Afrique et l’intense activité commerciale qui y régna longtemps. Pour le meilleur et pour le pire. La ville de Zanzibar – le nom désigne aussi la capitale d’Ugunja – , a été une plaque tournant de la vente des esclaves dans l’est de l’Afrique. Largement développée au XVIIIe siècles par les sultans arabes d’origine omanaise, la traite n’a été abolie qu’en 1873 grâce aux pressions britanniques.

Dans le quartier historique de la capitale, Stone Town, je visite avec émotion la cathédrale anglicane bâtie sur l’ancien marché aux esclaves. À la sortie, un jujubier rappelle tristement que les esclaves y étaient attachés et fouettés pour tester leur résistance. L’artiste suédoise Clara Sornas a représenté cinq individus dont quatre, chaînes au cou, dans un poignant monument commémoratif semi-enterré.

Non loin, subsistent deux geôles où je tiens à peine debout. Sur quelques mètres carrés s’entassaient 50 hommes pour la première, jusqu’à 75  femmes et enfants pour la seconde. Pas de sanitaires, l’océan se chargeait de l’évacuation.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *